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Ostéopathie | Concept de globalité et vue d’ensemble sur les fascias


Lorsqu’Andrew Taylor Still découvrait la médecine ostéopathique, à la fin du XIXe siècle, il écrivit les concepts qui encadrèrent sa définition. Parmi eux et selon les plus fondamentaux, le concept de globalité.


De prime abord, ce que l’ostéopathie entend par « concept de globalité » est susceptible d’être interprété de deux manières différentes. Penser le corps humain dans la globalité, c’est considérer toutes les parties du corps comme étant interdépendantes, c’est-à-dire que chaque organe communique avec le reste du corps par des liens mécaniques, neurologiques ou vasculaires. Par ailleurs, penser la globalité, c’est également replacer la personne dans son environnement, ou joindre le corps physique au psychique.


Ici, nous en resterons à la première définition de la globalité, soit l’idée d’un corps dont chaque partie est reliée aux autres et à l’ensemble. Le lien qui nous intéressera tout particulièrement et qui fait toute l’originalité de l’ostéopathie est le fascia.


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Qu’est-ce que le(s) fascia(s) ?


Bien qu’ils soient de plus en plus connus, s’informer sur les fascias n’est pas simple car ils sont les grands oubliés des anatomistes. Pour preuve, c’est exactement ce qui est retiré lors d’une dissection pour observer les organes du corps. Il s’agit de tout le tissu qui « remplit les espaces » entre les organes, il relie tout, d’où son autre appellation, le tissu conjonctif (qui « joint avec », con -jonctif).


Sur une vue au microscope, le fascia ressemble à une toile d’araignée, comme une multitude de fibres s’attachant les unes aux autres et reliant les organes. Présents de la tête aux pieds, les fascias enveloppent chaque bout d’organe et chaque organe. Ils constituent ce qu’on peut appeler une suite tissulaire ininterrompue, remplissant les espaces vides, de la tête aux pieds mais aussi de l’intérieur vers l’extérieur, partout et de toutes parts.


Prenons un exemple : l’importante place accordée à la dure-mère en ostéopathie. C’est un fascia. La dure-mère est un tissu membraneux de protection, qui enveloppe intégralement le cerveau (à l’intérieur du crâne) et la moelle épinière (à l’intérieur de la colonne vertébrale). Elle commence dans le crâne et se termine dans le bassin, elle unit toute la colonne vertébrale de haut en bas. C’est pourquoi, lors d’une consultation chez l’ostéopathe, pour un motif assez courant de mal de dos, le praticien vérifie toujours la souplesse de mouvement de tout l’axe vertébral, de la tête jusqu’au bassin.


Un autre exemple de fascia : le péritoine, c’est l’enveloppe qui entoure et contient les viscères du système digestif. C’est à partir de ce fascia, qui constitue les ligaments et épiploons des organes digestifs, que l’ostéopathe manipule pour détendre les tensions et soulager les maux de ventre et les troubles digestifs.


Un dernier exemple de fascia : le périoste, c’est l’enveloppe qui entoure les os. En plus des articulations, l’ostéopathe est amené à travailler sur les os eux-mêmes, ou plutôt sur leur fascia, car il arrive qu’il présente des tensions et qu’il soit à l’origine d’un blocage articulaire. Voici ici une représentation de l’os encore une fois différente de la représentation commune que nous nous en faisons. L’image mentale de l’os que nous avons en général est celle d’un os sec. L’os vivant, à l’intérieur du corps est en réalité, et nous ne le voyons jamais (sauf pour un chirurgien), très vascularisé et donc en partie « visqueux », souple, malléable.


Remarque : les ostéopathes ont pour habitude de parler des fascias ou du fascia. Il s’agit là de la même structure, puisqu’ils sont reliés entre eux, nous pouvons appeler tout cet ensemble le fascia. Les exemples ci-dessus (dure-mère, péritoine, périoste) sont des fascias, sont du fascia. Dans la réalité les fascias sont continus et fonctionnent ensemble comme une unité. Ils sont compartimentés dans les livres d’anatomie seulement pour faciliter l’apprentissage.




Figure 2 : organisation des fascias, la dure-mère (en rouge), le fascia viscéral (en vert)


Quel est le rôle du fascia, autrement appelé tissu conjonctif ?


Les fascias ont un rôle de soutien des organes et de l’ensemble du corps. Ils entourent les organes, les relient entre eux, ce qui leur donne leur forme. Ils ont également un rôle de protection en amortissant les chocs.


L’ostéopathie fait l’hypothèse que les fascias possèdent une « mémoire ». Un choc physique provoqué jadis (exemple un accident de voiture, une chute, etc.), peut dans un premier temps rester silencieux puis s’exprimer plus tard suite à un second choc, un simple « faux-mouvement » ou une mauvaise posture prolongée. C’est pourquoi quelques fois se manifeste une douleur vive, à un endroit du dos par exemple, pourtant sans raison apparente au premier regard.



Comment l’ostéopathe aborde-t-il le fascia ?


D’un point de vue théorique, l’abord des fascias, intégré à la consultation entière, se fait en deux temps. D’abord, l’ostéopathe appose ses mains au niveau des articulations, des os ou alors des viscères à la recherche des zones de tensions fasciales susceptibles de provoquer la douleur ou le blocage pour lequel le patient est venu consulter. Ensuite, le but est de relâcher ces tensions, de rendre les fascias plus souples, autour ou à distance de la zone à traiter. Cela est permis en faisant des points d’appui par des manipulations douces, grâce à la sensibilité palpatoire acquise par l’ostéopathe.


S’il fallait se le représenter mentalement, nous pourrions dire que l’ostéopathe perçoit des couches de tissus de la superficie (peau) à la profondeur (os, viscères, fascias). Ces différentes couches de tissus sont censées être souples et pouvoir « glisser » entre elles. C’est là l’intention des techniques exercées par l’ostéopathe, mobiliser les fascias pour permettre ces plans de glissement.

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Le fascia, ou tissu conjonctif, « unit et sépare tout, sépare et unit tout » (L. et M. Issartel,1983) de la surface de la peau jusqu’au plus profond de l’os et des cellules. Il n’y a pas d’espace libre dans le corps. Cette représentation du corps humain, prenant en compte le fascia de la tête aux pieds aide à comprendre de nombreux maux du corps et explique pourquoi la cause d’une douleur ou d’un blocage peut se situer à distance de celui-ci. C’est cela l’abord du corps par le concept de globalité, en ostéopathie.





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Sources images : (1) Site du Dr Jean-Claude Guimberteau (2) Serge Paoletti, Les fascias. Rôle des tissus dans la mécanique humaine, Ed. Sully, 2011.


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