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  • F L'Hermite D.O.

Découvrir "l'ostéopathie viscérale", définition et indications


Cet article a pour but d’apporter un éclaircissement sur ce qui est nommé, par abus de langage, « l’ostéopathie viscérale ». L’ostéopathie est une pratique manuelle qui s’acquiert par l’apprentissage de différentes techniques d’une part, par l’éducation manuelle d’autre part. Dans le cadre des études d’ostéopathie, il est enseigné différentes techniques regroupées par catégories pour faciliter l’apprentissage et lier les connaissances anatomiques à la pratique. Il existe notamment les cours d’ostéopathie crânienne pour lesquels les techniques sont regroupées au crâne. Il existe aussi les cours d’ostéopathie viscérale qui comptent les techniques sur les viscères. Dans le contexte d’une consultation en cabinet d’ostéopathie, ces techniques sont toujours intégrées au traitement global, lorsque le motif de consultation implique directement un viscère ou non.






Qu’est-ce que les viscères ?


Il s’agit des organes internes tels que ceux de la cavité abdominale (estomac, intestins, foie-vésicule biliaire, rate, pancréas, reins), de la cavité thoracique (œsophage, cœur, poumons, médiastin), de la loge du cou (larynx, pharynx, thyroïde, trachée) et du bassin (utérus-trompes-ovaires, prostate, vessie, rectum). Ils fonctionnent en interrelation entre eux et avec l’ensemble du corps humain et s’organisent par système : système digestif, urinaire, cardio-vasculaire, etc.


Comment l’ostéopathe aborde-t-il le système viscéral ?


L’ostéopathie porte ce regard original sur le système viscéral, considérant ces organes comme « s’articulant » entre eux. Les organes viscéraux possèdent des liens membraneux (des ligaments ou des épiploons), et sont en permanence en mouvement. C’est en cela que l’on peut envisager l’analogie aux articulations. Le mouvement dont il est question ici est dû au mouvement continu de la respiration pulmonaire (dont le moteur est le diaphragme). Le corps humain, d’après la philosophie de l’ostéopathie, se pense par le mouvement. Cette philosophie considère autant la mobilité des articulations musculo-squelettiques du corps que la mobilité de chaque organe viscéral. Concrètement ce sont des manipulations relativement douces, respectant le principe de non-douleur et n’impliquant aucune technique interne.


Afin de tenter de se représenter au mieux l’action de l’ostéopathe sur le système viscéral, il semble important de préciser que la main de l’ostéopathe se veut agir sur les fascias enveloppant les organes et non sur les organes directement. Autrement dit, l’ostéopathe agit sur ce qui fait lien entre les viscères (les ligaments et épiploons) pour améliorer la mobilité de ces derniers. Pour se le représenter mentalement, oublions l’image d’un ostéopathe qui « déplace » les organes, mais imaginons plutôt une action de détente de tensions des fascias (ligaments et épiploons) restituant de la liberté de mouvement au viscère et structures avoisinantes.


Rappelons que l’ostéopathie regarde toujours le corps humain dans sa globalité. Considérer le système viscéral et ses techniques associées ne va pas sans évoquer ses liens avec l’ensemble du système musculo-squelettique. Quels sont-ils ? Sans surprise, il s’agit des fascias. Par les liens et attaches des fascias, les organes viscéraux s’articulent entre eux mais aussi au cadre musculo-squelettique environnant. Par exemple pour la cavité thoracique, il s’agit de la colonne dorsale, des côtes et du sternum ; pour la cavité abdominale, il s’agit des dernières côtes, de la colonne dorsale basse et lombaire ; pour la cavité pelvienne (bassin), il s’agit des iliaques, du sacrum et du coccyx.



Figure 1 : le diaphragme participe à la respiration et à la mobilité viscérale



À quelle(s) problématique(s) répond l’ostéopathie viscérale ?


Un dysfonctionnement de la mobilité d’un organe, dû à une tension tissulaire (des ligaments ou épiploons) pourrait expliquer une douleur à l’endroit de l’organe, à distance ou bien un trouble fonctionnel de l’organe.

Par exemple pour le système viscéral digestif, un motif de consultation serait la présence de troubles digestifs tels que les reflux gastro-œsophagiens, des maux de ventre, des diarrhées ou constipations, ballonnements, nausées, etc.


Par ailleurs, un dysfonctionnement de la mobilité d’un organe du tube digestif pourrait également expliquer des maux de dos (en haut, maux de la colonne dorsale ou plus bas, la colonne lombaire).


Un autre exemple de l’interrelation entre viscère et cadre osseux est l’apparition de douleurs lombaires en amont ou au cours du cycle menstruel chez certaines femmes.



Figure 2 : relation étroite entre colonne vertébrale et système viscéral


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L’ostéopathie, dans son approche viscérale, ne s’adresse pas directement à la pathologie impliquant un ou plusieurs viscères. Cependant, elle agirait sur certaines manifestations de la pathologie (ce qu’on appelle les symptômes). Dans le cas d’une maladie, l’ostéopathie n’est indiquée qu’en parallèle d’un suivi médical. Elle vise, nécessitant une ou plusieurs consultations, à atteindre une diminution voire une disparition des symptômes douloureux, entre autres, et une amélioration du confort de vie.



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Source images : Gray's Anatomy for Students, Second Edition, Ed. Elsevier Masson, 2010

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